Il y a quelques semaines, j’ai organisé une soirée d’anniversaire. Jusque-là, rien de très original. Sauf que…
Je suis née en janvier et que nous étions le 18 juillet.
Autrement dit, je fêtais mes 33 ans et demi. Oui, oui.
Les demi-anniversaires existent désormais. Enfin… chez moi.
Au départ, je me suis presque surprise moi-même : “Mais c’est bizarre…” ; “Les gens vont trouver ça étrange” ; “On ne fête pas son anniversaire en juillet quand on est née en janvier”
Et puis je me suis arrêtée sur cette petite phrase : “On ne fait pas.”
Qui décide, au juste, de ce qu’on fait ou de ce qu’on ne fait pas ? Pourquoi faudrait-il attendre une date précise pour réunir les gens qu’on aime ? Pourquoi devrais-je renoncer à une fête simplement parce que le calendrier dit que ce n’est pas le bon mois ?
Alors j’ai envoyé les invitations.
Et mes amis ont joué le jeu. Tous et avec beaucoup d’humour.
Tout le monde me souhaitait un joyeux anniversaire… en juillet. Plus la soirée avançait, plus on riait de cette idée complètement improbable. Finalement, ce n’était plus bizarre. C’était simplement nous, simplement moi. Et c’était parfait.
Cette soirée, je crois que je m’en souviendrai longtemps. Il y avait de la musique, des Spritz, des bières, des éclats de rire, des danses improbables, des fléchettes lancées sur des ballons, un feu de camp à deux heures du matin, une guitare, des chansons chantées… plus ou moins juste, mais toujours avec le cœur. Et puis il y a eu ce moment totalement lunaire.
Les toilettes se sont bouchées ! En plein milieu de la soirée.
Résultat ?
Mes invités avaient deux possibilités : les toilettes dehors ou la douche.
Je vous laisse imaginer les fous rires.
Sur le moment, j’aurais pu me dire que tout était fichu mais finalement c’est devenu l’une des anecdotes dont on reparle encore aujourd’hui.
Comme quoi, les soirées parfaites n’existent peut-être pas, les soirées vivantes, en revanche… Oui !
Mais si cette soirée restera gravée dans ma mémoire, ce n’est pas seulement pour tout ça. C’est parce qu’en regardant autour de moi, j’ai ressenti quelque chose de très fort.
Toutes les personnes présentes avaient un point commun : je les avais choisies.
Pas parce que la vie les avait mises sur ma route, pas par obligation, pas par habitude.
Je les avais choisies pour ce qu’elles sont : leur énergie, leur bienveillance, leur folie, leur authenticité et je me suis sentis incroyablement riche de liens.
Je crois qu’en vieillissant, on réalise que ce n’est pas le nombre de personnes autour de la table qui compte, c’est la qualité de leur présence.
Et cette soirée en débordait.
Au fond, cette histoire n’a jamais été une histoire d’anniversaire, c’est une histoire d’autorisation. L’autorisation de sortir des cases, de créer ses propres traditions, de ne plus attendre que le calendrier, la société ou les habitudes nous disent quand il est permis de célébrer.
Parce que la vie passe vite, beaucoup trop vite ! Pour que chaque jour compte ! J’en étais déjà convaincue, mais depuis le départ de Papa et la leucémie de ma sœur, ce sentiment est décuplé.
Alors si un jour vous avez envie de fêter vos 41 ans et trois mois, votre premier marathon terminé, votre divorce, votre nouvelle maison ou simplement le fait d’être heureux d’être entouré…Faites-le ! Vous n’avez besoin de l’autorisation de personne !
Finalement, vivre intensément, ce n’est peut-être rien d’autre que ça : arrêter de demander au monde la permission de célébrer sa propre vie.
Le plus beau cadeau que j’ai reçu ce soir-là n’était ni un objet, ni une bouteille, ni une enveloppe. C’était cette certitude : j’ai construit autour de moi une vie qui me ressemble, avec des personnes que j’ai choisies et qui me choisissent en retour. Et ça, ça vaut toutes les dates d’anniversaire du monde.